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  • Dans l’écho du souffle : un rituel de poésie en ilu et voix

    Chaque année, la Journée mondiale de la poésie me ramène à ce qui fait la profondeur de mon engagement artistique : le langage vivant, le souffle qui traverse le texte, le geste qui le fait vibrer. Ce rituel que je propose n’est pas une simple célébration, mais une immersion, un appel à redécouvrir la poésie non comme une forme figée, mais comme un acte incarné, un moment suspendu où le corps et la voix deviennent les instruments premiers.

    Travailler avec le texte en ilu, cette forme d’écriture qui mêle signes, formes et espaces, m’offre un terrain d’exploration unique. Le ilu n’est pas qu’un support visuel, c’est un espace de résonance qui invite à entendre autrement, à sentir le texte plus qu’à le lire. Quand je mêle ce langage graphique à ma voix, je cherche à franchir les frontières traditionnelles du poème, à déployer un espace où la parole devient matière vivante, presque palpable.

    La voix, dans cette performance, ne se contente pas de transmettre un message : elle est le souffle même de la poésie. Elle incarne la fragilité, la force, la musicalité des mots. C’est un chemin d’écoute attentive, où chaque inflexion, chaque pause, chaque souffle participe à une expérience sensorielle et émotionnelle. Cette approche me permet de dépasser la linéarité du texte écrit et d’ouvrir un dialogue intime avec le public, où le poème se vit autant qu’il se comprend.

    Ce rituel est aussi une manière de questionner le rapport au temps et à la présence. En conjuguant le texte en ilu et la voix, je crée une temporalité fluide, à la fois immédiate et méditative, qui invite à ralentir, à s’abandonner à la densité du moment. C’est une forme d’attention portée au langage, à ses silences et à ses éclats, qui rejoint mon travail sur la performance et le langage vivant.

    Ainsi, cette journée ne se limite pas à une célébration symbolique : elle devient un terrain d’expérimentation où la poésie se déploie dans ses dimensions multiples, visuelle, sonore, corporelle. Elle révèle la puissance du langage quand il se fait rituel, quand il s’offre comme un espace partagé d’écoute et de présence. C’est dans cette tension entre le visible et l’audible, entre le texte et la voix, que naît pour moi la véritable valeur de la poésie aujourd’hui.